Pratiques coutumières

Les pratiques coutumières préjudiciables à la santé des enfants

Les mutilations génitales féminines, les mariages forcés et les mariages d’enfants sont des pratiques coutumières préjudiciables à la santé des enfants.

Les pratiques coutumières se définissent comme des pratiques, héritées du passé, qui sont acceptées et respectées par l’ensemble des membres d’une communauté.

Ces pratiques deviennent néfastes pour la santé des enfants dès lors qu’elles portent atteinte à leur santé physique ou mentale et risquent alors de mettre en danger leur vie ou leur développement. Ces pratiques sont alors contraires aux droits humains.

Il existe plusieurs types de pratiques coutumières qui ont des effets préjudiciables sur la santé des enfants. Les plus répandues sont les mutilations génitales féminines et les mariages dits forcés, arrangés ou d’enfants.

Mutilations génitales féminines (MGF)

Définition

Aussi connue sous le nom de circoncision féminine, la MGF consiste à retirer une partie ou l’intégralité des organes génitaux externes de la fille ou de la femme, ou à les mutiler d’une quelconque autre façon, pour des raisons culturelles ou autres que thérapeutiques.

Ces pratiques sont une violation des droits de l’enfant, car elles sont généralement effectuées sur des fillettes âgées de 0 à 15 ans.

Les causes

Ces mutilations sont pratiquées pour un certain nombre de raisons, notamment religieuses, culturelles ou sanitaires. Mais ces pratiques inhumaines et dégradantes sont en réalité une méthode barbare pour préserver la virginité des jeunes filles.

Elles sont souvent considérées comme des rites de passage à la vie adulte. Les parents, et surtout les mères qui ont pourtant connues la même souffrance et la même humiliation, se sentent obligés de soumettre leurs filles à ce rituel afin d’assurer leur intégration sociale et celle de toute leur famille.

Le refus de se soumettre à ces rituels peut être cause d’exclusion de la jeune fille, voire même de toute sa famille. Dans certain cas extrêmes, le refus peut même entraîner le meurtre de la jeune fille.

Les conséquences

La précarité et le manque d’hygiène dans lequel sont pratiquées ces méthodes (sans personnel médical et sans anesthésie) ont des conséquences néfastes sur la santé, psychologique et physique, des filles. Chaque année, des milliers de fillettes décèdent suite à des complications sanitaires résultant des mutilations, qui les exposent à des douleurs intenses, des infections et des risques d’hémorragie.

Par ailleurs, des études ont prouvé que les mutilations génitales des mères avaient des répercussions négatives sur les nouveau-nés, qui avaient des risques beaucoup plus élevés de décéder à la naissance.

État des lieux dans le monde

Actuellement, plus de 130 millions de filles et de femmes auraient subi la mutilation génitale féminine dans le monde et, chaque année, 3 millions de filles risquent de subir le même sort.

Les mutilations génitales féminines sont principalement pratiquées en Afrique (dans 28 pays africains), avec plus de 90 millions de filles et de femmes excisées, soit 1 femme sur 3 qui vie avec les conséquences de cette mutilation sexuelle.

La MGF est également pratiquée en Malaisie, au Yémen et en Indonésie, ainsi que dans certains groupes ethniques d’Amérique centrale et du sud. Même dans les pays développés, cette pratique existe en raison de la présence de familles immigrées qui perpétuent les traditions.

Les mariages arrangés, forcés et précoces

Définition

Dans certains pays, les mariages arrangés sont une tradition culturelle où les familles choisissent un époux ou une épouse pour une personne. Très fréquemment, il arrive que la jeune femme ou le jeune homme soit marié sans son consentement. Il s’agit alors d’un mariage forcé.

Le mariage forcé constitue une violation des droits humains, car cette pratique empêche les personnes de disposer librement de leur corps et de décider de leur avenir. Cette pratique est donc totalement contraire au principe même du mariage qui est la consécration d’une union librement consentie de deux personnes. Les jeunes filles sont les plus concernées, mais les garçons sont également victimes de cette pratique.

Les mariages forcés sont généralement aussi des mariages dits «précoces» ou «d’enfants», c’est-à-dire une union forcée où l’un des deux époux est âgé de moins de 18 ans.

Les jeunes filles sont les plus touchées : dès leur plus jeune âge, voire même dès leur naissance, leur famille choisissent un époux que les fillettes épouseront dès qu’elles auront atteint la puberté et qu’elles seront en capacité d’enfanter.

Les causes

Dans les milieux défavorisés, les familles pauvres voient dans le mariage de leur enfant une stratégie économique (dot pour subvenir aux besoins de leur famille et mettre leur enfant à l’abri du besoin). Dans les milieux plus aisés des pays en développement, ces mariages ont pour objectif de préserver et transmettre les coutumes et renforcer les liens entre les grandes familles.

Les conséquences sur la santé des enfants

Les mariages d’enfants sont une violation des droits de l’enfant et en particulier des droits des filles qui n’ont pas la possibilité de profiter de leur enfance et n’ont pas la maturité ni le discernement suffisant pour accepter et comprendre un tel engagement.

Ces mariages ont des conséquences graves sur la santé des jeunes filles qui ne sont pas psychologiquement préparées et ne comprennent pas toutes les obligations et les conséquences qu’engage un mariage. Aussi, elles sont souvent violées lors de la nuit de noce et victimes de violences sexuelles lors des rapports suivants.

Par ailleurs, ces jeunes filles ne sont pas prêtes, ni mentalement ni physiquement, à vivre une grossesse et un accouchement. Aussi, beaucoup d’entre elles accouchent prématurément, donnant naissance à un enfant qui aura moins de chances de survie. L’expérience longue et pénible de l’accouchement peut être fatale, à la fois pour la jeune mère et l’enfant.

État des lieux dans le monde

Chaque année, des millions d’enfants sont mariés contre leur gré ou sans réellement comprendre les conséquences qu’engage un tel consentement. L’ambiguïté existant entre mariage forcé et arrangé ne permet pas de déterminer précisément le nombre d’enfants et surtout de jeunes filles qui sont mariés de force. Néanmoins, qu’il soit arrangé ou forcé, le mariage d’enfant constitue une violation des droits fondamentaux de l’enfant.

En 2005, dans les pays en développement, plus de 65 millions de femmes (20 à 24 ans) étaient déjà mariées avant leurs 18 ans. Plus de 30 millions de ces femmes vivaient en Asie du Sud Est. Au Népal, 7 % des fillettes étaient mariées avant leur dixième anniversaire.

Par ailleurs, tous les ans, 14 millions de filles entre 14 et 19 ans deviennent mères en raison de la pression familiale qui les oblige à avoir un enfant dès leur mariage, malgré les risques pour leur santé. Les filles de 15 ans ont 5 fois plus de risques de décéder lors de l’accouchement que les femmes de 25 ans. Si elles ne décèdent pas, elles peuvent souffrir de graves complications.

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